Découvrez l'ordinateur à accès universel de la startup HYPRA

Note de Pixel News: article invité dans lequel Corentin Voiseux, CEO d’HYPRA, nous présente l’histoire et l’objectif de son projet.

HYPRA: l’histoire d’une rencontre

En 2009, Corentin VOISEUX et Jean-Philippe MENGUAL, alors étudiants à Sciences Po, font connaissance au fond d’une chambre d’étudiant aixoise. Lorsqu’ils se rencontrent, l’un, aveugle, met à profit ses connaissances informatiques avancées, conquises à force de passion, pour préparer l’ENA. L’autre est alors déjà engagé dans des projets d’aide au développement, de soutien scolaire et de relations universitaires internationales.

Déjà l’intérêt général est au coeur de leur recherche existentielle.

Une réflexion sur l’accès à l’informatique pour tous

Alors que Corentin lit un manuel de droit constitutionnel que Jean-Philippe n’a pu trouver sous forme numérique vocalisable, ce dernier prend des notes sur son ordinateur. Une première question fuse à la vue de l’utilisation d’une plage braille et d’une synthèse vocale : « Comment utilise t-on un ordinateur quand on est aveugle ? ».

Une réflexion s’ouvre qui durera 5 ans. 5 années pendant lesquelles les deux amis échangent régulièrement sur les promesses et les menaces qu’ouvrent la société numérique. Ils acquièrent ensemble une certitude: la route de l’informatique vers le bien commun est loin d’être toute tracée.

Un constat: la route de l’informatique vers le bien commun est semée d’embûches

  • Elle peut enfermer ou stigmatiser lorsqu’elle ne propose des utilisations que pour certaines catégories de personnes (valides vs handicapées, seniors vs le reste de la population) ou certains modes d’interaction avec la machine.

  • Elle peut isoler ou exclure lorsque l’informatique crée des espaces sociaux, culturels ou politiques connectés qui échappent à ceux qui ne peuvent ou n’osent en bénéficier, lorsque la complexité introduite par des esprits techniciens crée des barrières insurmontables, lorsque les outils pêchent par leur défaut d’accessibilité.

  • Elle peut violer lorsqu’elle subtilise les données des utilisateurs à leur insu ou les contraint à renouveler du matériel ou des logiciels contre leur gré.

Face à ce constat, ils décident d’agir pour instituer un autre numérique, construits sur des fondements meilleurs.

La création d’un PC à accès universel

Ils décident donc de construire un PC à Accès Universel, qui permette à tous les individus, quelque soient leur déficience visuelle, leurs préférences esthétiques ou cognitives, leur âge ou leur niveau d’informatique d’utiliser le même ordinateur. Un système « universel », car susceptible de gommer les stigmates du handicap, de l’avancée en âge. Un système « universel » qui ne soit pas spécialisé pour telle ou telle population, qui n’enferme pas les « seniors », les handicapés, dans une catégorie.

Un système « universel », co-construit avec ses usagers de façon démocratique, qui renvoie plutôt chacun à sa dimension de citoyen. Tous les choix de composant, d’ergonomie, de repères d’usage sont orientés par cette philosophie de l’inclusion numérique : stabilité, souplesse, respect des standards, plaisir visuel ou vocal.

Il décident d’humaniser, de personnaliser et de professionaliser l’accompagnement vers ce numérique nouveau pour donner à connaître des bonnes potentialités que permettent l’informatique, pour stimuler, donner envie, pour aider à surmonter les peurs, pour donner confiance dans la prise en main.

Ils créent pour cela un lien de proximité qui repose sur une formation de 5 heures fournie avec le produit, et sur une assistance à distance d’excellence. Leurs principes sont l’écoute active, le décentrement, la « pair-émulation ».

Ils reposent enfin l’ensemble de leur travail de conception sur des logiciels libres qui permettent une conception démocratique et non technocratique, qui offrent des garanties supérieures en matière de vie privée des utilisateurs, de créer un modèle économique reposant majoritairement sur le service et de garantir aussi une logique de consommation plus durable et plus respecteuse de l’utilisateur.

Ce projet d’impact social à visée d’empowerment est moins « social et solidaire » que résolument d’intérêt général, visant à réconcilier l’économique, le social et le politique.

Pour en savoir plus sur cette initiative, consultez le site d’HYPRA à cette adresse: Site web d’HYPRA.


Matthis Duarte

Fondateur de Pixel News et Consultant SEO.